Musher passionné depuis 17 ans, à la tête d’une meute de douze huskies
sibériens, parcourant les Pyrénées et les autres Massifs français au fil de mes randonnées.
Pour partir à la découverte de la Laponie en couple et amener ma nouvelle génération de chien au-delà du cercle polaire, sur les traces de leurs parents.
Notre projet :
Un périple nous conduisant de nos Pyrénées jusqu’au nord de la Laponie en Mars 2008.
Nous partons pour essayer de vivre en total harmonie avec nos chiens
et une nature aussi belle que sauvage ou il nous faudra respecter ses règles plutôt que celles de la vie citadine. Une totale immersion dont on rapportera quelques bribes à la
civilisation.
Notre voyage se déroulera en plusieurs parties. Tout d’abord le
trajet qui nous fera traverser plusieurs pays en camion et la traversé de la mer Baltique en ferry. Une fois sur place nous préparerons notre matériel et les chiens pour un raid de 10 jours et
400 kms en autonomie complète pour toucher du doigt notre conception de la liberté sur l’Artic Trail entre Enontekiö et Kilpisjarvi puis nous prendrons une location pour avoir un point de chute
et un endroit pour se réchauffer. Nous ferons des randonnées autour du Parc « Pallas Ounatunturi » au sud d’Enontekiö
Le récit de nos aventures et découvertes sera proposé à quelques journaux et magazines (presse
locale, revue animalière : Vos Chiens Magazine, Atout Chiens, l’Auxiliaire Vétérinaire, …) ainsi que sur « la Toile ». Nous voulons partager notre amour du chien nordique, de son
mode de vie, de se que cela nous entraîne à faire et des plaisir que cela nous procure. Grâce à eux, nous avons la chance d’accéder à des paysages d’une beauté infinie et de découvrir la faune et
la flore d’une manière ancestrale.
Nous somme donc partis de Tarbes en début d’après midi ce fameux samedi 1er mars 2008. Nous avons roulé jusqu’à une aire de repos proche de Poitiers
pour y passer la nuit. C’est là que notre compagnon de route, Jeannot, nous a rejoints. Le lendemain, nous avons roulé toute la journée en faisant des pauses pour les hommes et les chiens. Nous
avons atteint la frontière Belge en début d’après-midi et nous nous sommes arrêtés aux alentours de Dortmund en Allemagne pour passer la nuit. Ce n’est que le lendemain, dans l’après-midi que
nous avons atteints le port de Rostock où nous attendait déjà notre ferry le Superfast IV.
Il nous a fallu attendre le soir pour pouvoir embarquer à bord du navire et installer les chiens dans la calle sur le pont « ouvert ». Puis nous avons profité des commodités à bord pour nous reposer et nous restaurer durant les 25 heures de traversée de la mer Baltique.
Là nous avons trouvé un endroit pour stationner les camions afin de pouvoir préparer notre départ pour notre premier raid le
lendemain matin.
2ème étape : le premier raid (1ère partie)
Le jour fut à peine levé que nous étions déjà en train de préparer le matériel pour charger le traîneau. La tension est palpable et chacun s’affaire aux préparatifs. Les chiens ressentent cette atmosphère plutôt tendue en s’énervant et en s’impatientant à la stake out.
Une fois les traîneaux, les chiens et les mushers prêt, le départ est lancé. Nous partons pour 6 jours de raid en autonomie complète sur
une boucle de 150 kms entre Kittila et Muonio pour nous mettre en jambe.
Jour n°1 :
17 kms de piste que les chiens ont avalés en à peine 2 heures sous un soleil généreux. Lors de cette étape nous avons rencontré une
bonne trentaine de motoneiges qui nous ont doublés ou croisés avec beaucoup de respect pour les chiens. Certains faisaient un détour et d’autre coupaient leur moteur mais la plupart
ralentissaient suffisamment pour ne pas effrayer les chiens.
Au bout de la piste, le lac Aakenusjarvi s’étire et nous offre un kota comme abris pour la nuit. Les
kotas sont des sortes de tipi en bois servant d’abri de jour pour le pique-nique. Lorsque le soleil a passé l’horizon la température est descendu à -25°C et le ciel d’encre nous a offert une
petite aurore boréale blanche pour nous souhaiter la bienvenue.
Les nuages ont envahi le ciel et nous prenons la piste sans notre compagnon, obligé de faire demi-tour. Nous avons traversé une grande
zone de marécages nous conduisant au lac Akasjarvi où nous avons fait la pause. Puis nous sommes arrivés au grand lac Jerisjarvi après 30 kms de piste.
Au milieu de la traversée, Vango a commencé à nous montrer des signes évidents de faiblesse et nous savions qu’il nous fallait bivouaquer pour la nuit car il ne serait pas allé beaucoup plus
loin. Mais nous ne pouvions pas nous arrêter à la merci du vent et du froid sur le lac. Alors nous nous sommes rapprochés d’une rive et nous avons bivouaqué sur la terrasse d’une maison
inhabitée.
3ème étape : le premier raid (2ème partie)
Au petit matin, alors que nous étions encore engourdit de sommeil, un drôle de bruit nous sort de la torpeur. Une bête sauvage est
entrée sur notre campement et est en train de manger les croquettes de Vango restées dans sa gamelle. Nous levons comme un seul homme et nous découvrons notre malade en train de reprendre des
forces. Quelle joie de le voir ainsi voler sa propre nourriture et partir narguer ses congénères sagement enroulés au bout de leur chaîne.
Jour n°3 :
Après les émotions matinales nous avons eu la chance d’observer 4 rennes sauvages venus à 30 mètres à peine de la maison poussés par
la curiosité mais vite chassés par les aboiements des chiens.
Nous avions pris rendez-vous avec Jean sur le parking d’un petit café à environ 3 kilomètres de
notre campement de fortune pour qu’il puisse prendre Vango au chaud dans son camion. Puis nous avons repris la piste vers Muonio. La météo s’était franchement dégradée et c’est sous la neige
que nous avons traversé une magnifique forêt de sapins sur une piste étroite et sinueuse qui nous a menés au centre de vacances d’Harriniva.
Après une bonne douche et une nuit passée au chaud, nous somme repartis sur la piste avec Vango dans l’attelage. Nous l’avions placé
de manière à ce qu’il ne se fatigue pas trop au centre de l’attelage en position de « swing dog ».
Nous avons parcouru une vingtaine de kilomètres pour découvrir la cabane de Kuusikoma.
C’était un véritable petit chalet en rondin, posé à flanc de montagne et dissimulé derrière les sapins : le rêve !
Les cabanes « ouvertes » sont gérée par une sorte d’office du tourisme qui s’assure de l’approvisionnement en bois et
de la propreté des lieux. Comme toutes les autres cabanes, Kuusikoma était équipé d’un poêle à bois, de tables et bancs et de bat-flancs pour dormir.
Jour n°5
A notre réveil ce matin là, la température était bien remontée (environ -2°C) et la neige tombée dans la nuit commençait à fondre,
étrange !!
Jour n°6 :
Après notre petite nuit au pied du foyer du kota, nous attaquons la dernière étape de ce premier raid. 17 kilomètres pour
rejoindre le camion et y retrouver notre compagnon de route qui nous y attendait.
Il nous tardait de savoir comment l’Iveco avait supporté les 6 derniers jours et dans quel état allions nous retrouver le
ravitaillement alimentaire ou plutôt à quelle température : positive ou négative !
Après que les chiens aient retrouvé leur place à la stake du parking, nous avons eu la joie de retrouver non-congelés le vin, le jus d’orange, le fromage et le gaz du
chauffage.
Jour n°7 :
Jour n°8 :
Pour ce nouveau raid, nous avions opté pour la montée vers Enontekïo puis le plus possible vers le nord sur une piste en aller-retour et nous avions décidé de partir pour 10 jours
d’autonomie hommes et chiens.
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Lors de la pause, Leroy, le plus âgé des chiens de Jeannot, avait embarqué dans son traîneau car il était incapable de suivre le rythme imposé par le reste de l’attelage. |
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La piste que nous avons emprunté ce jour là était bien plus vallonnée que la veille ce qui nous avait obligé à plusieurs
reprise à marché à côté du traîneau pour soulager les chiens.
6ème étape : le deuxième raid (2ème partie) :
Jour n°10 :
La température était bien descendue cette nuit là et les arbres s’étaient drapé d’une couche de givre blanc nous
offrant un paysage surnaturel.
Au matin, nous avons eu du mal à repérer nos chiens enfoui sous une petite couche de neige qui n’a pas cessé de
tomber tout au long de la nuit. La piste, elle aussi, était difficile à suivre ce qui nous a obligé à utiliser 3 chiens de tête (Nevada en libre et Orlik et Briska) pour ne pas
s’égarer dans la tempête.
Nous sommes arrivés sur le lac Palojarvi que nous avons traversé à tâtons où de l’autre côté se trouvait une station
essence proposant des cabines à louer pour la nuit. Etant donné les forces que nous avions laissées sur les 20 kms parcouru en presque 5 heures et les 17 kms nous restant à
parcourir pour rejoindre la prochaine cabane, nous avons jugé plus raisonnable de nous arrêter là pour la nuit.
7ème étape : le deuxième raid (3ème partie) :
Jour n°12 :
Le matin ensoleillé nous a réjouit après la tempête de la veille et nous a motivé pour l’étape la plus
longue du raid soit 40kms qui nous conduira jusqu’à Hetta et la cabane de Muotkajarvi.
Jour n°13 :
Après 5 étapes et 140 kms l’attelage avait mérité une journée de repos. Nous avons profité de se
trouver dans un cadre magnifique pour nous reposer, soigner Vango et réparer le traîneau qui souffrait d’un patin cassé lors d’une traversée de route.
La cabane de Muotkajarvi était très petite, à peine 3 mètres sur 3, mais très typée petit chalet de montagne. Ce fut l’endroit idéal pour rester plusieurs jours et profiter
des lieux. Nous nous sentions comme seuls sur terre, avec nos chiens et nous touchions du doigt notre conception si particulière du bonheur.
8ème étape : le deuxième raid (4ème partie) :
Jour
n°14 :
Ce matin le traîneau était réparé et Vango reposé, nous avons donc décidé de partir jusqu’à la ville d’Hetta pour nous ravitailler. Nous nous sommes lancés sur la piste tracée
sur le lac Ounasjarvi menant à la civilisation au levé du jour. Les chiens étaient particulièrement en forme et la température suffisamment basse pour nous obliger à rajouter
une couche vestimentaire.
En arrivant en ville, les chiens sont restés concentré malgré le burlesque de la situation. Nous avons emprunté la piste réservée aux piétons et vélos le long de la route et
nous avons stoppé les chiens devant le supermarché au centre de la ville le temps de quelques emplettes. Puis, nous sommes repartis sur le lac après avoir pris 2 ronds-points
et traversé la route.
Sur le chemin du retour, nous nous sommes retrouvés nez à nez avec un troupeau d’une trentaine de rennes mené par 2 bergers en motoneige. Nous nous sommes écartés de la piste
pour les laisser passer sous les aboiements des chiens qui se seraient bien fait une côtelette ou 2.
Enfin nous avons retrouvé le calme de notre petite cabane pour y passer une dernière nuit.
Jour n°15 :
Vango a refusé de prendre le départ, nous l'avons donc installé au
chaud sur le traîneau.
Le temps s’était assombri dans la nuit et le vent projetait quelques flocons de neige sur le dos des chiens impatients de repartir. Nous nous sommes élancés sur le lac pour
rejoindre la piste qui nous a mené jusqu’à la cabane de Puolitaival à 30 kms. Avec la remontée des températures, la 1ère couche de glace et de neige du lac s’était
transformée en fondant partiellement et en formant un piège pour les plus lourds qui s’y enfonçaient sur 50 cms de profondeur. Lorsque Thierry a réussi à s’extirper du lac,
ses habits ont gelés instantanément nous obligeant à nous arrêter à l’abri des arbres sur la rive afin qu’il puisse se changer.
Les conditions météo se sont améliorées au fil de la journée et notre arrivée à la cabane s’était faîte sous le soleil. Plusieurs voyageurs étaient déjà présents et nous avons
passé la soirée et la nuit avec un couple finlandais et estonien parlant anglais.
9ème étape : le deuxième raid (5ème partie)
Jour n°16 :
Il a fait -25°C cette nuit et les chiens ont eu du mal à sortir de leur trou pour parcourir les 25 kms qui nous ont conduit jusqu’à la cabane de Vuontisjarvi. Nous n’avons pas
reconnu le paysage sur cette piste que nous avons parcouru quelques jours plus tôt. Au détour d’un virage nous avons retrouvé notre compagnon de route venu à notre rencontre
et nous avons retrouvé le lac et ses installations.
A cet instant nous nous trouvions à un jour du camion mais il nous restait 2 jours avant de redescendre vers notre bateau à Helsinki. Nous avons donc décidé de profiter de
l’endroit pour les dernières 48 heures à passé dans la Laponie sauvage. Notre avant dernière nuit ce déroulera dans le kota et avec tous les chiens avec nous.
Une bonne rigolade nous attendait lorsque tous les chiens se sont installés sur nos duvets sans avoir envie de laisser leur place à leurs maîtres. Finalement nous avons réussi
à nous mettre au chaud et avons dormi tant bien que mal entre eux qui se sont rapprochés au fur et à mesure que la température descendait.
Jour
n°17 :
Une journée de repos commençait avec le lever du soleil. Une journée pour profiter du peu de temps nous restant dans cette région polaire où nous avons vécu un morceau de
notre passion avec nos chiens. Pour cette journée particulière nous avons décidé d’offrir au chien, plutôt qu’une balade en traîneau, un lâché de husky sur le lac.
A les voir s’ébattre et courir comme des chiots nous avons pensé qu’ils en étaient content. Le soir nous avons réitéré l’expérience de 12 husky pour la nuit, mais dans la
cabane cette fois-ci, comme cela chacun son bas-flanc.
Nous avons donc passé notre dernière nuit tous les deux dans une cabane au bord d’un lac finlandais avec tous nos chiens : le rêve, tout simplement !!!
10ème étape : le deuxième raid (dernière partie) :
Jour n°18 :
C’est le dernier jour et cela nous rend triste mais il faut bien qu’il y en ait un. Nous nous sommes préparés pour vivre une journée de dernière fois : la dernière
cabane, le dernier lac, la dernière forêt, et la dernière piste avant de retrouver notre camion sagement stationné là où nous l’avions laissé il y a 11 jours.
Et c’est le cœur serré que nous avons rangé toutes nos affaires dans le camion sachant que nous n’en aurions plus besoin. Les chiens, eux semblaient contents de retrouver leur
camion et étaient pressé de s’y rouler en boule dans les boxes. Ce soir là, nous n’avons pas fait de vieux os et nous nous sommes mis au lit de bonne heure afin d’être en
forme pour faire la route du retour.
Le retour :
La bouteille de gaz du chauffage n’a pas tenue la nuit entière,
résultat : -13°C au réveil dans le camion, dur dur ! De plus l’iveco n’a pas supporté le froid de la nuit et a refusé de démarrer. Nous avons mis toute la matinée
avant de réussir à le mettre en route pour pouvoir enfin partir. Mais la Laponie n’avais pas fini de nous montrer son attirant pouvoir et semblait ne pas vouloir nous laisser
repartir. Après les difficultés au démarrage ce fut une roue totalement dégonflée qui nous a forcée à stopper notre descente vers le sud et qui nous a retardé un peu plus.

En fin de journée nous sommes arrivés à Rovaniemi sur le mythique site du cercle polaire et du village du Père Noël où nous avons fait une petite halte.
Pour notre dernier jour en Finlande, la météo nous a offert une magnifique tempête de neige glaciale sur près de 400 kms rendant notre parcours bien dangereux.

Mais finalement nous sommes arrivés à Helsinki à temps pour embarquer sur le Superfast IV qui nous attendait au port pour nous ramener en Allemagne.

Nous avons parcouru les derniers 2000 kms en roulant de jour comme de nuit afin d’arriver le plus tôt possible chez nous pour nous ménager un petit délai pour reprendre le
cours de notre vie citadine.
Nous avons vécu une aventure formidable où nous avons découvert une nature aussi sauvage que magnifique, où nous avons rencontré un peuple accueillant et serviable ayant su s’adapter parfaitement aux rudesses du climat. Nous avons aussi vu nos chiens se libérer du poids de leur vie sédentaire pour retrouver leurs instincts presque sauvages. Nous avons admiré leur courage et leur détermination à nous mener au bout de chaque étape en ayant l’envie de repartir le lendemain. Nous avons découvert en nous des ressources enfouis sous le carcan du confort qui nous ont apporté plus de joie et de bien-être que nous l’aurions imaginé. Nous sommes déjà impatients de repartir pour parfaire nos expériences lapones. Bientôt, c’est sûr !